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Pages 19 à 27 VAINCRE LE TRAC... CHAPITRE 2 ____________________________________________________________________________________________

PREMIÈRE LEÇON :LE TRAC (1)
Le lendemain matin, dès la fin de son cours, Sébastien se précipita au restaurant universitaire et mangea très hâtivement, impatient qu’il était de se rendre à son rendez-vous. Il prit ensuite le métro puis marcha d’un pas rapide vers le square. Dès qu’il poussa le tourniquet de l’entrée, il vit, sur le banc, là où ils s’étaient rencontrés la veille, le vieux monsieur à la chevelure blanche, tranquillement assis, attendant patiemment. Sébastien marcha vers lui, en accélérant le pas sans en avoir réellement conscience. Dès qu’il l’entendit arriver, le vieil homme leva la tête et lui fit signe de s’asseoir à ses côtés. — Je vous attendais, dit-il d’un air satisfait. — Bonjour monsieur, dit Sébastien en s’asseyant, un peu mal à l’aise. — Ah non, pas monsieur, je vous avais proposé de m’appeler Prof … à moins que ce diminutif vous gêne, dans ce cas, on peut en trouver un autre. En règle générale, lorsque j’interviens de cette façon, on m’appelle Prof. Moi j’aime assez, je trouve cela plutôt sympa. Puis-je vous appeler Sébastien ? — Oui, bien sûr. Je constate que vous connaissez aussi mon prénom, je ne me souviens pourtant pas m’être présenté à vous, répondit Sébastien d’un air interrogateur. Le vieil homme afficha un large sourire en guise de réponse qui eut tôt fait de détendre Sébastien et de le mettre à l’aise. — Je vois que vous avez fait le bon choix, Sébastien, fit-il en lui tapotant le genou. Sébastien mourait d’envie de demander à son interlocuteur comment il avait su qu’il avait fait ce choix-là et s’il attendait sur ce banc depuis ce matin, mais Prof ne lui en laissa pas le temps. — Vous êtes un excellent trompettiste, et vous êtes actuellement face à un problème que vous vous devez de résoudre. Voyez-vous, les problèmes que nous rencontrons dans la vie, tous les problèmes, de n’importe quelle sorte, ont pour seul but de nous faire réfléchir, de nous faire avancer, de nous faire grandir. N’oubliez jamais cela. « Ce que vous vivez actuellement et que vous considérez à juste titre comme un problème important est un obstacle qui se met en travers de votre route et qui vous empêche d’atteindre votre but : devenir musicien professionnel. C’est bien cela, n’est-ce pas, vous considérez que le trac est un obstacle qui vous barre la route ? — Tout à fait, répondit Sébastien, puisqu’il m’empêche de réussir tous les concours que je passe. Je crois, très sincèrement et sans prétention, que je possède le niveau pour réussir. Du reste, mes professeurs sont de cet avis, ils me le répètent sans cesse. Mon problème est que lorsque je joue le programme du concours hors contexte, c’est toujours très bien, tout le monde m’assure que ma prestation sera indéniablement un succès, mais lorsque je suis dans le contexte du concours, c’est toujours une catastrophe, je perds tous mes moyens et je joue lamentablement. Vous ne pouvez pas savoir à quel point c’est frustrant.
• Qu’est-ce que le trac ?
— Si si, je sais, c’est pourquoi je suis là pour vous aider. Qu’est-ce que le trac pour vous, Sébastien ? Comment pourriez-vous expliquer votre problème ? Oh, je vous rassure tout de suite, je n’ai pas l’intention de vous faire retrouver la cause profonde ou d’entamer avec vous une psychothérapie, c’est juste une question et quelque soit votre réponse, je vous garantis que dans quelque temps, le trac ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Je vous écoute… — Je ne sais pas, je pense que je n’ai pas suffisamment confiance en moi, je ne suis peut-être pas assez sûr de moi ? — Ça peut-être effectivement une raison valable. Je vous pose une autre question : ne vous est-il jamais arrivé d’avoir le trac alors que vous jouiez un concerto que vous connaissiez pourtant parfaitement, que vous aviez suffisamment travaillé pour être absolument sûr de vous ? — Oh si, bien sûr ! — Donc, vous pouvez être absolument sûr de vous, de ce que vous avez à jouer, être confiant mais pourtant subir le trac. Cela dit, le manque de confiance en vous peut être au niveau de votre personnalité et non de votre jeu instrumental. Avez-vous déjà pensé que le trac peut être également un excès de vanité ? Après un moment d’hésitation, Sébastien répondit : — Je ne pense sincèrement pas être vaniteux. — En fait, poursuivit Prof, cela pourrait se traduire ainsi : vous tenez tellement à donner une bonne image de vous-même que vous engendrez la peur de ne pas y parvenir. Je ne dis pas que c’est votre cas, mais je veux simplement préciser que le trac peut-être autre chose qu’un manque de confiance en soi.
• Il y a deux formes de trac.
« Il faut surtout comprendre qu’il y a deux formes de trac. Il y a le vrai trac, celui dont je vous parlerai, qui provoque des symptômes précis qui vont vous inhiber, qui vont vous faire perdre soixante, soixante-dix voire quatre-vingts pour cent de vos possibilités. Ce trac-là est extrêmement douloureux et terriblement frustrant. Puis il y a l’autre trac, celui que je nomme “le petit trac”, celui que l’on peut garder toute sa vie sans en souffrir, vous savez, cette légère émotivité qui fera que vous serez meilleur le jour du concert ou de l’examen que le jour de la répétition. Lorsque vous entendez des artistes qui disent qu’après dix, vingt, ou trente années de métier, ils ont toujours le trac, comme au premier jour, c’est de ce trac-là dont il s’agit. D’ailleurs, en général, ils ne veulent pas s’en défaire… — Je suis tout à fait d’accord avec vous, fit Sébastien, je suis totalement convaincu qu’il serait impossible d’endurer le vrai trac pendant tant de temps. C’est réellement insupportable et personne ne pourrait s’y habituer ! — Voilà, c’est pourquoi je voulais préciser cela. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas cette émotivité, qui a une action plutôt stimulante, mais les moyens de se débarrasser de ce trac paralysant. « Je suppose que vous avez souvent discuté avec vos amis musiciens de cette question. Avez-vous remarqué que les symptômes peuvent être différents d’un individu à un autre. Je suppose que vous, en tant que trompettiste, vous devez souffrir notamment de bouche sèche, manque de salive etc., ce qui va engendrer fatalement des problèmes de détaché. Par contre, votre ami violoniste ou pianiste, lui, aura les mains très moites, quasiment mouillées, ce qui va le gêner considérablement dans son jeu. Est-ce que vous, Sébastien, avez constaté que vous avez les mains moites lorsque vous jouez en concours et est-ce que cela vous a déjà gêné ? — Non, je n’ai jamais remarqué cela, mais vous savez, à la trompette, même si j’avais les mains humides, cela ne me gênerait guère pour appuyer sur mes trois pistons ! — C’est ce que je voulais vous entendre dire ! De la même façon, un violoniste ou un pianiste ne sera absolument pas gêné par un manque de salive. Il est alors curieux de constater qu’un pianiste ou qu’un instrumentiste qui ne joue pas d’un instrument à vent n’aura jamais la bouche sèche lorsqu’il aura le trac, mais en revanche, il aura les mains froides et humides, ce qui le gênera considérablement. À l’inverse, un trompettiste aura la bouche sèche, ce qui sera un gros inconvénient pour lui, mais n’aura pas les mains moites. En fait, c’est un peu comme si on se provoquait les symptômes qui vont nous apporter le plus grand préjudice. C’est intéressant, ne trouvez-vous pas ? — Vous n’êtes pas en train de me dire, fit Sébastien en plissant le front, que je fais exprès de me provoquer ces… — Non, je vous arrête tout de suite, interrompit Prof, ce n’est pas du tout ce que je veux dire. Et puis même si vous provoquiez ces symptômes, vous ne le feriez pas exprès ; quelqu’un qui souffre du trac ne peut être soupçonné de masochisme. Cela dit, il faut savoir que certaines personnes, – oh, il s’agit heureusement d’une petite minorité –, ont avantage à avoir le trac et ne désirent pas s’en débarrasser, quoi qu’ils en disent. Ils se complaisent dans cet état, même s’ils s’en plaignent. En fait, ce sont des gens qui excusent ainsi leurs insuffisances en justifiant leur échec. Vous comprenez, il est plus facile d’admettre que nous échouons, non pas à cause d’un manque de travail ou de capacités, mais à cause d’un excès de sensibilité ou d’émotivité. Mais heureusement, comme je vous l’ai précisé, peu de gens sont concernés et si cela peut vous rassurer, vous ne faites pas partie de cette minorité. — Ouf, vous me rassurez, effectivement ! Je vous assure que je suis prêt à tout pour me débarrasser de ce maudit trac. J’ai d’ailleurs déjà essayé un certain nombre de choses qui n’ont donné aucun résultat. — Quoi, par exemple ? — J’ai lu quelque part que pour se détendre avant d’entrer en scène, il suffisait de faire quelques grandes respirations abdominales bien placées et qu’instantanément, on se sentait plus décontracté. Pour nous autres, trompettistes, cela n’est pas très difficile puisque nous sommes censés pratiquer cette respiration en jouant, c’est ce que nous appelons “la technique de la colonne d’air” , mais je dois dire qu’en ce qui me concerne, ça n’a pas été suffisant pour me débarrasser du trac. Je ne nie pas que cette façon de respirer détend, mais le trac, ce n’est pas simplement être tendu ou contracté, c’est bien autre chose. — Vous avez raison. Cependant, le conseil n’est pas mauvais et pourrait probablement être efficace si vous ne ressentiez qu’une légère appréhension, il ne le sera malheureusement pas pour le vrai trac. « Il faut savoir que ces respirations abdominales sont anxiolytiques, c’est-à-dire qu’elles apaisent l’anxiété ; alors que les respirations dites hautes, à savoir costales et claviculaires, sont anxiogènes, c’est-à-dire qu’elles vont susciter l’anxiété. Et cela a été prouvé par des tests qui ont été effectués sur des volontaires, des militaires en l’occurrence. On leur a placé, dans un premier temps, des corsets qui les empêchaient d’écarter les côtes et de lever la cage thoracique, puis dans un second temps, d’autres corsets qui les empêchaient réellement de respirer en gonflant l’abdomen. Dans le premier cas, lorsqu’ils n’avaient pas d’autres alternatives que de respirer au niveau abdominal, ils se sentaient tous plutôt bien, détendus, les angoissés de nature l’étaient nettement moins. En revanche, lorsqu’ils étaient dans l’obligation de respirer aux niveaux costal et claviculaire, ils devenaient pratiquement tous anxieux, angoissés et certains faisaient même des crises d’angoisse ou des attaques de panique. « En fait, lorsque vous faites ces respirations basses, vous augmentez la pression intra-abdominale. Cela produit un effet de massage du plexus solaire, ce qui a pour effet de détendre, de décontracter, donc de dissiper une part d’anxiété. Vous savez ce qu’est le plexus solaire, n’est-ce pas, cette sorte de réseau nerveux qui se situe au niveau de l’épigastre, entre le sternum et le nombril. C’est une zone que l’on peut souvent ressentir comme étant nouée, c’est cette sensation que nous traduisons souvent par “la boule à l’estomac”. « Avez-vous essayé d’autres choses ? — Oui, répondit Sébastien en souriant, on m’a souvent dit qu’une technique radicale pour ne pas avoir le trac consistait à imaginer les membres du jury … lorsqu’ils sont aux toilettes, assis dans une certaine position, dans une certaine tenue, en train de vaquer à des occupations somme toute naturelles. J’ai également essayé ce procédé mais je dois dire qu’il n’a eu aucun effet sur mon trac. Je suppose qu’il peut être efficace, puisque certains l’ont expérimenté avec succès, mais je doute là encore qu’il le soit pour le vrai trac.
• Le raisonnement et la volonté ne peuvent rien contre le trac.
— Je suis de votre avis. Croyez-vous, Sébastien, que le fait de réfléchir calmement, de raisonner sereinement par rapport à cela puisse vous aider dans ce domaine ? — Ah non, je suis sûr que non. Je trouve au contraire qu’il n’y a rien de plus énervant de s’entendre dire par des amis, des professeurs ou par nos parents : “Mais il ne faut pas avoir le trac, ça ne sert à rien, tu perds tous tes moyens quand tu as le trac, alors que tu joues si bien habituellement, tu n’as donc aucun souci à te faire, reste calme et décontracté et tu verras, ça ira tout seul… !” Grrr, ça m’énerve, ça ! Comme si on ne le savait pas qu’il est inutile d’avoir le trac et que ça nous fait perdre toutes nos possibilités ! — Vous avez raison. S’il suffisait de se dire : “Le trac ne m’apporte rien de bon, donc je décide que, dorénavant, je ne le subirai plus”, il n’y aurait effectivement plus de problème et nous ne serions pas là pour en parler. Il faut donc retenir une chose importante, c’est que le raisonnement ne peut rien et la volonté encore moins. Il faut donc procéder autrement. « En fait, Sébastien, nous allons nous débarrasser du trac grâce à une meilleure connaissance du fonctionnement de notre mental. Il faut savoir que nous avons en nous une puissance insoupçonnée, qui peut nous apporter une aide considérable à tous les niveaux, mais qui peut également être redoutable. C’est lui, notre mental, qui va résoudre ce problème et bien d’autres également, vous allez voir. « Puisque nous ne pouvons pas utiliser notre volonté, notre raisonnement, il va bien falloir avoir une action sur notre corps d’une manière ou d’une autre, pour l’empêcher de produire tous ces symptômes inhibants. « Alors, écoutez-moi bien, Sébastien. Il y a, à ma connaissance, plusieurs techniques efficaces pour se débarrasser du trac. Je vais vous les communiquer, elles fonctionnent toutes individuellement mais vous pouvez également en utiliser plusieurs parallèlement pour obtenir davantage d’effets car elles peuvent être complémentaires. Mais je vais commencer par celle que je considère comme étant la plus efficace, dans la mesure où, comme j’ai l’habitude de le dire, elle ne peut pas … ne pas fonctionner. Et vous allez comprendre pourquoi. — Vous me mettez réellement l’eau à la bouche, fit Sébastien en se frottant les mains. Je suis curieux d’entendre ce que vous allez me dire ! — Nous avons précisé tout à l’heure que le trac ne dépend pas de notre volonté. Cela signifie que les symptômes que nous ressentons ne dépendent pas de notre système nerveux volontaire, sur lequel nous pourrions avoir une action, mais de notre système nerveux autonome, nommé également système nerveux végétatif, qui fonctionne à notre insu. C’est lui qui, par le biais des systèmes sympathique et parasympathique, s’occupe actuellement de votre digestion en faisant sécréter, par exemple, au niveau de votre estomac, des sucs gastriques différents en fonction des aliments que vous avez ingurgités, c’est lui qui fait fonctionner votre vésicule biliaire, votre foie, vos reins, c’est encore lui qui s’occupe de votre circulation sanguine, de votre tension artérielle, c’est encore et toujours lui qui fait battre votre cœur… etc. « C’est donc ce système neurovégétatif qui est la cause de vos malheurs. C’est lui qui provoquera les tremblements, les palpitations, la bouche sèche, les mains moites et autres symptômes, lorsque vous serez dans des conditions particulières : concert, concours, examens etc. « Il est donc clair que c’est sur lui que nous devons agir, et je pense que vous avez compris du même coup pourquoi le raisonnement ne peut rien pour régler votre problème. — En effet, cela est très logique, intervint Sébastien, mais comment peut-on agir sur ce système nerveux autonome ? En prenant des médicaments ? — Surtout pas ! s’écria Prof en levant les bras au ciel. Je vous ai dit que je vous donnerai les moyens de régler votre problème par vous-même, sans aide extérieure, et très simplement. « Comprenez-moi bien. Si je fais une analogie avec les systèmes informatiques, je dirais que votre cerveau est un ordinateur, en précisant bien sûr que cela est très réductionniste car le cerveau est tellement plus perfectionné que l’ordinateur le plus sophistiqué de la planète. Mais cela vous aidera à mieux comprendre. En fait, il y a un programme chargé sur le disque dur : c’est le trac ; le disque dur, c’est l’inconscient. Il suffit donc d’enlever ce programme et de le remplacer par un autre. Nous allons donc créer un nouveau programme que vous allez tout bonnement substituer à l’ancien. Et voilà, le tour est joué !


www.michelricquier.com Association pour une Pédagogie Holistique des Arts
Son parcours Ouvrages de Michel RICQUIER Ouvrages de M. RICQUIER Documentation (à imprimer) LE TRAC ! VOUS POUVEZ VOUS EN LIBÉRER !
Vous devez vous produire en public ? Pour participer à un spectacle, à un concert, ou simplement pour prendre la parole ... et vous avez le trac ?
Vous vous êtes complètement investi(e) dans votre prestation, vous l'avez préparée soigneusement, vous avez beaucoup travaillé pour être parfaitement au point…
Et voilà, le jour J, au moment de vous exprimer, vous avez le cœur qui s'accélère, la gorge nouée, les jambes qui tremblent, les mains moites, la gorge sèche… etc…
Et c'est une catastrophe ! À cause de ce maudit trac !
Rien n'est plus frustrant, plus décourageant, que d'avoir travaillé, de savoir que nous avons les possibilités de réussir...et de tout rater.
Je connais bien tout cela pour l'avoir vécuet je peux maintenant vous assurer que
VOUS POUVEZ VOUS DÉBARRASSER DU TRAC !


COMMENT RESOUDRE DEFINITIVEMENTLES PROBLEMES DU DECHIFFRAGE...ouLA LECTURE MUSICALE PAR L'EDUCATION DE L'OEIL(voir bibliographie)
S'il y a un sujet qui me tient particulièrement à coeur, c'est bien celui qui concerne les problèmes de lecture musicale, de déchiffrage. Même si vous vous considérez comme un piètre lecteur, si vous pensez que vous êtes nul en déchiffrage et que malgré votre travail et votre détermination vous n'avez pas pu progresser, je peux vous assurer que vous pouvez devenir un excellent lecteur, que vous pourrez déchiffrer n'importe quelle partition avec une facilité qui vous étonnera. Cela est valable, tant pour les étudiants que pour les musiciens amateurs, mais également pour les musiciens professionnels (eh oui, il y a de nombreux professionnels de la musique qui ne sont pas forcément de bons lecteurs).
Bien entendu, je ne cesse de répéter qu'il n'existe aucune méthode miracle, qui permette, en claquant dans les doigts ou d'un coup de baguette magique, de régler un problème. Et si je prétends qu'il est possible de devenir excellent en déchiffrage, c'est qu'il y a un cheminement rationnel qui permet de parvenir à cette finalité.
Jusqu'à une certaine époque, on ne savait pas pourquoi un musicien était doué en déchiffrage et qu'un autre, qui avait pourtant suivi la même formation avec le même sérieux, était incapable de lire correctement une partition (je ne parle pas ici de difficultés "solfégiques" mais de lecture proprement dite) . Nous savons maintenant qu'il y a une cause physiologique à cela, cause qu'il suffit simplement de modifier pour transformer un « mauvais » lecteur en un « très bon » lecteur.
Cette raison physiologique a été découverte par un ophtalmologiste, Monsieur Émile Javal. Le docteur Javal a analysé en laboratoire la physiologie de la lecture (lecture courante) et en a démonté les mécanismes. En fait, il suffit simplement de tenir compte de ses découvertes pour transformer un mauvais lecteur en un excellent lecteur. Mais ce qui m'agace le plus, et j'espère que cela va vous agacer également, c'est que cette découverte a été faite en... 1905 ! Nous sommes au vingt et unième siècle et nous pouvons faire le terrible constat que dans nos écoles, dans nos collèges, lycées etc., personne ne tient compte de ces découvertes pour l'enseignement de la lecture. Bien sûr, il y a toujours des enseignants passionnés par leur travail et qui ont eu connaissance de ces travaux ; alors, ils ont, de leur propre chef, fait travailler leurs élèves dans ce sens, mais comme ils sont une toute petite minorité, cela dure un an et lorsque l'élève change d'instituteur ou de professeur, ce travail s'arrête. De plus, il est déjà trop tard pour mettre en place ce nouveau réflexe de lecture au collège ou au lycée. Il serait beaucoup plus cohérent de faire ce travail dès l'école primaire, dès le cours préparatoire, donc d'installer ce bon réflexe au départ pour ne pas avoir à en changer.
Alors je m'empresse de dire qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, et nous n'avons pas le choix puisque je suppose que tous ceux qui liront cet article sont sortis du cours préparatoire de l'école primaire depuis un certain nombre d'années maintenant.
• La physiologie de la lecture
Cette méthode de déchiffrage que je vous présente ici est, comme vous allez le voir, originale dans le sens où elle remet complètement en cause notre manière de lire la musique et nous permet de nous adapter à ces nouveaux réflexes en un temps très court.
Voyons quels sont les principes de cette méthode.
Il y a un point sur lequel tout le monde est d'accord : pour déchiffrer parfaitement, il suffit de lire suffisamment en avance afin d'avoir le temps de voir toutes les difficultés qui vont nous assiéger. Il faut pouvoir pré-voir (voir avant) ce qui arrive afin de tout contrôler (notes, rythmes, altérations accidentelles, sauts d'intervalle, changement de mesure, de tempo, de tonalité... etc.).
Or, pour lire en avance, il suffit d'avoir une vitesse de lecture suffisante pour ne pas se laisser rattraper par le tempo quelqu'il soit. Il est évident que personne n'aura de difficultés à déchiffrer un mouvement lent (noire=60) avec des noires, des blanches, voire des croches puisque dans ce cas, nous lisons tous naturellement en avance. En revanche, lorsqu'il s'agit d'un presto à 152 à la noire avec des doubles croches, des altérations accidentelles et des sauts d'intervalle, là, il est probable que nous nous laissions rattraper, voire dépasser par le tempo...Et c'est la catastrophe !
Alors que fait-on généralement pour lire plus vite ? Eh bien, nous nous entraînons à faire courir nos yeux le plus vite possible sur la portée afin d'essayer de lire le plus en avance possible, ce qui paraît logique.
Mais il faut savoir que ceci est totalement inefficace. Vous pourriez faire ce travail 6 heures par jour pendant des mois, vous n'amélioreriez pas du tout votre vitesse de lecture, tout simplement parce que ceci est physiologiquement impossible. Il est important que les professeurs de formation musicale aient connaissance de cela.
Contrairement à ce que l'on pense, l'oeil ne lit que s'il est immobile. Il avance par bonds et s'immobilise entre les bonds pour fixer (lire) une portion de la ligne. C'est donc pendant ces « fixations » qu'il enregistre.
Voici comment nous pourrions décrire le processus de lecture :
• l'oeil fixe un groupe de signes (surface de fixation) pendant 1/4 de seconde (on entend par signe : notes, espace, altération, barre de mesure etc...)
• ensuite il saute vers un autre groupe de signes, ce qui demande 1/40e de seconde ;
• il procède alors à une nouvelle fixation durant 1/4 de seconde
• il refait un bond pendant 1/40e de seconde... et ainsi de suite...
On a ensuite constaté, et c'est le plus intéressant, que l'oeil du lecteur rapide ne se déplace pas plus vite que celui du lecteur lent. Le « saut » se fait toujours en 1/40e de seconde, quant au temps de fixation, il reste le même : 1/4 de seconde. Tout simplement parce que l'oeil est physiologiquement incapable de se déplacer plus rapidement.
Alors, où se situe la différence entre un lecteur lent et un lecteur rapide, si la vitesse de l'oeil reste la même dans les deux cas ?
C'est tout simple : La vitesse de lecture est fonction de la surface de fixation : pendant le 1/4 de seconde de fixation, l'oeil du lecteur rapide perçoit plus de signes que le lecteur lent.
Un lecteur lent va être capable d'enregistrer (d'avoir dans son champ visuel) 5 ou 6 signes, alors qu'un lecteur rapide peut aller jusqu'à percevoir plus de 30 signes.
Exemple en lecture courante.
Si vous fixez pratiquement chaque mot, vous lirez lentement :
Je vais devenir un excellent lecteur↑ ↑ ↑ ↑ ↑ ↑

Il est préférable de lire ainsi :
Je vais devenir un excellent lecteur ↑ ↑ ↑
Ou encore mieux :
Je vais devenir un excellent lecteur ↑ ↑
Donc lire plus vite ne signifie pas accélérer les mouvements des yeux mais agrandir le champ de vision horizontal.

Ce que l'on sait maintenant, et c'est fondamental, c'est qu'un mauvais lecteur a un champ visuel horizontal naturellement très étroit, et qu'un excellent lecteur a un champ visuel horizontal naturellement très large. À partir de là, il est extrêmement facile de transformer, comme je le disais un peu plus haut, un mauvais lecteur en excellent lecteur : il suffit d'augmenter son champ visuel horizontal.


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RÉSOUDRE DÉFINITIVEMENT LES PROBLÈMES DE DÉCHIFFRAGE ! Même si vous vous considérez comme un piètre lecteur, si vous pensez que vous êtes nul en déchiffrage et que, malgré votre travail et votre détermination, vous n'avez pas pu progresser, vous pouvez devenir un excellent lecteur, vous pourrez déchiffrer n'importe quelle partition avec une facilité qui vous étonnera. La physiologie de la lecture a été analysée en laboratoire ; en tenant compte de ces découvertes et en les mettant en pratique, il est tout à fait possible de devenir un excellent lecteur.
Lieu, dates et prix...
... Suite
La méthode que j'ai mise au point est conçue de manière à augmenter graduellement le champ de vision horizontal et ainsi créer de nouveaux réflexes de lecture, ceci dans un minimum de temps. (Il me faut néanmoins préciser que contrairement à la lecture courante, nous avons besoin, nous autres musiciens, d'un champ visuel vertical, limité pour les instruments mélodiques et plus importants pour les instruments à claviers. À ce sujet, je précise qu'il existe une version "pour claviers" qui contient, en plus, des exercices spécifiques sur deux portées, écrits par Bob Revel.)
Au début de cet ouvrage, il vous est proposé d'effectuer trois tests de lecture chronométrés et de les refaire après avoir travaillé l'ensemble de la méthode, donc avec votre nouvelle manière de lire la musique. Ce qui est intéressant, c'est que vous pouvez ainsi objectiver, quantifier vos progrès ; vous ne dites pas : « J'ai l'impression de lire plus vite », vous direz par exemple « J'ai augmenté ma vitesse de lecture de 41 % ». C'est du concret.
Lors des expérimentations de cette méthode, je m'étais donné les limites suivantes : si en 15 jours ou 3 semaines de travail, l'augmentation de la vitesse de lecture dépasse 5 %, la méthode vaut la peine d'être diffusée, sinon je la range dans mes tiroirs.
Les résultats ont largement dépassé mes espérances. En effet, d'après nos observations, la méthode complète ne nécessite, pour un lecteur moyen, que 2 ou 3 heures de travail. Et en un laps de temps aussi court, la vitesse de lecture peut être doublée !
Les expérimentations ont été faites, tant par des élèves que par des professionnels (dont plusieurs sont professeurs de formation musicale) et il est intéressant de noter que même les très bons lecteurs ont augmenté leur vitesse de lecture.
Nous avons constaté qu'en lisant de cette manière (donc beaucoup plus vite), nous faisons beaucoup moins de fautes de notes. De plus, les études faites par l'équipe de François Richaudeau sur la lecture courante ont démontré que nous bénéficions d'une meilleure concentration, d'une meilleure mémorisation à court terme mais aussi à long terme (les informations passant au niveau de la mémoire à long terme se retiennent beaucoup plus longtemps), et d'une meilleure compréhension des textes. Tout cela avec beaucoup moins de fatigue et, je le répète, en lisant beaucoup plus vite ! Il n'y a donc que des avantages. Il faut encore rajouter à cela que le fait de lire avec une telle avance nous permet d'avoir une meilleure vue d'ensemble de la phrase musicale, ce qui permet par exemple de placer les respirations (pour les instrumentistes à vent) de manière beaucoup plus précise, et surtout de mieux interpréter cette phrase. En effet, lorsque nous lisons très peu en avance, nous ne savons pas où va la phrase musicale et bien souvent, la musicalité est absente de tout déchiffrage. Là, ce n'est plus du tout le cas, nous voyons la phrase dans son ensemble et nous pouvons donc l'interpréter, même lors de la première lecture.
Mais le plus intéressant est que ces réflexes de lecture pourront être très rapidement adaptés à la lecture courante, c'est-à-dire que vous lirez n'importe quel livre, article ou revue en beaucoup moins de temps, en étant beaucoup plus concentré, en comprenant beaucoup mieux, et surtout en mémorisant beaucoup plus facilement et à plus long terme ce que vous lisez.
Les écoliers et étudiants qui ont travaillé cette méthode en tirent grand profit dans leurs études.
Il faut cependant préciser qu'au début, lorsqu'ils s'appliquent à lire un texte de cette manière (jusqu'à ce que le réflexe soit installé), il leur arrive de ne pas tout comprendre de ce qu'ils lisent, mais je les rassure, cela est tout à fait normal. Il faut, dans ce cas, s'entraîner jusqu'à ce que cette nouvelle manière de lire se fasse naturellement, sans ne plus avoir à y penser, et alors ils pourront comprendre ce qu'ils lisent. N'oubliez jamais que personne ne peut penser à deux choses à la fois. Il faut donc installer les automatismes adéquats (pour la lecture courante, il peut être intéressant de travailler parallèlement la méthode de lecture rapide Richaudeau).
J'en profite pour faire une mise au point importante dont il faut absolument tenir compte.
La plus grande absurdité que j'ai entendue sur cette méthode de lecture a été faite par un professeur de piano qui avait expérimenté cette méthode, ainsi que tous ses élèves. Il avait constaté qu'ils avaient tous augmenté leur vitesse de lecture de plus d'un tiers, ce qu'il a trouvé, dans un premier temps, très satisfaisant.
Puis il s'est rendu compte qu'avec le temps, les anciennes habitudes de lecture revenaient (vous connaissez l'expression « Chassez le naturel il revient au galop »). Alors il en a déduit que la méthode était efficace en apparence car effectivement, on arrivait à augmenter la vitesse de lecture de façon spectaculaire, mais qu'elle fonctionnait un peu comme une « drogue » (le mot a été prononcé), car dès qu'on arrêtait de la travailler, on perdait l'acquis.
Je dois dire que cette réflexion m'a un peu inquiété de la part d'un pédagogue, qui dans ce cas, a négligé la clef de voûte de la pédagogie, qui est l'assimilation des connaissances et c'est pour cela que je relate l'anecdote ici, car cela me permet d'insister sur ce point très important, a fortiori dans ce cas particulier.
Je répète que le cerveau humain est incapable de penser à deux choses simultanément. Il peut alterner très rapidement d'un sujet à l'autre, c'est ce qui nous donne parfois l'illusion de penser à deux choses en même temps, mais ne peut pas gérer deux informations à la fois. Il faut donc (c'est la base de l'apprentissage et de la pédagogie) installer des automatismes afin de pouvoir s'occuper d'autres choses, résoudre d'autres problèmes, donc progresser. Il est bien évident que tant que la personne qui a mis en pratique cette méthode ne lit pas naturellement avec son nouveau réflexe de lecture, il sera obligé d'y penser constamment, jusqu'à ce que le subconscient prenne à sa charge cette action et la transforme en automatisme. C'est ce qui se passe chez tout un chacun lorsque nous sommes dans un processus d'apprentissage (apprendre à faire du vélo, du ski ou conduire une voiture... etc.).
Alors je suppose que vous avez compris que dans cet exemple, ce « naturel » qui aura tendance à revenir au galop, c'est votre réflexe de lecture que vous avez installé lorsque vous avez appris à lire, c'est-à-dire, pour la majorité d'entre nous, à l'âge de 6 ans. Bien sûr, votre génial cerveau, et c'est là que vous pouvez être admiratif envers lui, va vous permettre de modifier votre technique de lecture en trois heures de temps, mais il vous faudra toute votre concentration pour lire avec cette nouvelle habitude, au moins pendant un temps, jusqu'à ce que votre subconscient prenne le relais et transforme cette nouvelle technique de lecture en automatisme, ce nouvel automatisme se substituant à l'ancien.
C'est pourquoi j'ai l'habitude de conseiller aux personnes qui travaillent cette méthode d'utiliser ces nouveaux réflexes de lecture de manière "obsessionnelle". Bien sûr à chaque fois qu'ils lisent (en lecture courante ou en lecture musicale), mais également je les incite à s'entraîner à lire les panonceaux publicitaires, ou les plaques d'immatriculation des voitures de cette manière, afin de créer ce réflexe le plus rapidement possible. Il faut bien penser qu'à chaque fois que vous ne pensez pas à lire avec votre nouveau réflexe, vous utilisez l'ancien, donc vous ne progressez plus, voire vous régressez (voir la métaphore de la planche et des clous dans "L'utilisation de nos ressources intérieures").
À ce sujet, je précise également que même s'il ne faut que trois heures environ pour faire la méthode d'un bout à l'autre, il est vivement conseillé de ne pas trop espacer les séances de travail. À la lumière de ce qui vient d'être dit, vous avez compris que si vous faites une demi-heure le lundi et que vous attendez le mercredi pour faire une autre demi-heure, il est bien évident que les quelques réflexes que vous aurez acquis lors de cette première séance ne seront plus très présents deux jours plus tard. Il est donc vivement conseillé de faire la méthode, non pas en une seule fois, mais au moins en deux, trois ou quatre séances relativement rapprochées les unes des autres.
J'en terminerai donc en faisant simplement remarquer que la grosse difficulté consiste donc à « oublier » nos anciens réflexes car ce sont eux qui vont tenter de revenir annihiler les nouveaux. Il serait dès lors très souhaitable d'instaurer chez le jeune musicien, et ceci dès le début de ses études musicales, les réflexes de base qui lui permettront de lire plus vite avec un minimum de fatigue, sans oublier tous les avantages décrits plus haut. Il lui sera aisé de s'imprégner de cette technique, sans connaître la difficulté de se débarrasser d'anciennes habitudes inhibitrices.
Et si j'osais émettre un voeu en ce début de millénaire ? Pourrions-nous imaginer que tous les musiciens, sans exception, déchiffrent parfaitement, et cela sans effort particulier ? Cela est facilement réalisable, il suffirait que dans les écoles primaires, on apprenne à lire aux enfants en augmentant leur champ visuel, et que parallèlement, dans les écoles de musique, les enfants apprennent à lire la musique de la même manière.

Michel RICQUIER
AMÉLIOREZ CONSIDÉRABLEMENT VOTRE TEHCNIQUE INSTRUMENTALE Vous avez probablement constaté que des problèmes de technique instrumentale se manifestent lors des concours ou des concerts alors qu’ils ne se produisent jamais hors de ce contexte (par exemple les doigts qui ne vous obéissent plus et que l’on est incapable de maîtriser). Il est donc logique de penser que le trac en est la cause, alors que ce n'est pas toujours le cas. Grâce à une meilleure connaissance et compréhension des processus d’apprentissage, vous pourrez acquérir une technique instrumentale extrêmement fiable, qui vous permettra de jouer parfaitement les traits délicats dans n’importe quelle condition, dans n’importe quelle situation. Un trait technique, même difficile, doit pouvoir être reproduit, non pas quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, mais cent fois sur cent et dans n’importe quelle circonstance. Il suffit pour cela de l’avoir travaillé de manière à ce qu’il soit parfaitement assimilé, intégré. C'est très simple, il faut avoir le "mode d'emploi" !C'est un travail logique et facile !


VAINCRE LE TRAC,AMÉLIORER LA TECHNIQUE INSTRUMENTALE, VOCALE... GRÂCE À UNE MEILLEURE CONNAISSANCEDU FONCTIONNEMENT MENTAL ET DES PROCESSUS D'APPRENTISSAGE MICHEL RICQUIER VOUS PROPOSE UN WEEK-END DE FORMATION

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